Développement à 5 semaines
À cinq semaines, bébé regarde plus longuement les visages et s'intéresse aux contrastes forts, comme un motif noir et blanc ou le bord d'une fenêtre. Il commence à suivre un objet sur une courte distance et peut s'apaiser en vous entendant avant même d'être pris dans les bras. Certains esquissent déjà leurs premiers sourires en réponse à un visage.
Les pleurs sont souvent à leur plus haut niveau ou presque. L'Assurance maladie indique qu'un bébé en bonne santé peut pleurer 2 à 3 heures par jour ; ils se concentrent souvent en fin d'après-midi et en soirée. On parle volontiers de « coliques », mais la HAS précise que ces pleurs prolongés du nourrisson n'ont généralement pas de cause digestive et ne justifient pas de changer de lait sans avis médical.
Vérifiez d'abord les besoins simples : faim, couche, chaleur ou froid, position inconfortable, trop de stimulation. Puis essayez le contact peau à peau, le portage, un bercement doux, une voix basse et régulière, une pièce calme et peu éclairée. Aucune méthode ne marche à tous les coups ; l'important est de répondre avec calme. Le site 1000 premiers jours rappelle qu'un bébé que l'on console rapidement n'est pas pour autant un bébé « qui prend de mauvaises habitudes ».
Alimentation
Les pleurs du soir ne sont pas forcément de la faim, mais certains bébés réclament plusieurs fois à intervalles rapprochés en fin de journée : on peut proposer le sein autant que nécessaire. Au biberon, ne forcez pas à terminer : un bébé qui détourne la tête ou repousse la tétine a assez bu. Faites-lui faire une pause et le rot en cours de repas s'il avale de l'air. Évitez les produits « anti-coliques » ou les changements de lait de votre propre initiative : parlez-en d'abord au médecin.
Sommeil
Un bébé qui a beaucoup pleuré s'endort parfois brutalement, épuisé. Couchez-le sur le dos dans son lit, même s'il s'est endormi dans vos bras. Si vous vous sentez sur le point de vous endormir avec lui sur un canapé ou un fauteuil, reposez-le dans son lit : c'est une situation à risque de mort inattendue du nourrisson. La même prudence vaut pour les nuits dans le lit parental.
Côté parents
Les pleurs répétés usent les nerfs. Si vous sentez l'exaspération monter, la HAS et l'Assurance maladie donnent la même consigne : coucher bébé sur le dos dans son lit, quitter la pièce, souffler, appeler un proche ou un professionnel. Un bébé qui pleure dans son lit n'est pas en danger ; secouer un bébé peut le laisser handicapé à vie ou le tuer. Le 119 répond 24 h/24. La dépression du post-partum se distingue du baby blues par sa durée (plus de deux semaines) et son intensité : tristesse quasi permanente, perte d'intérêt, culpabilité, troubles du sommeil même quand bébé dort, idées noires. Elle peut aussi toucher le second parent. Parlez-en au médecin, à la sage-femme ou à la PMI ; en cas d'idées suicidaires, appelez le 3114.
À prévoir
- Repérer à quels moments bébé pleure le plus pour anticiper (bain, promenade, relais).
- Convenir avec l'autre parent ou un proche d'un relais quand l'un des deux est à bout.
- Noter le numéro 119 et celui de votre médecin dans votre téléphone.
- Faire l'entretien postnatal précoce si ce n'est pas encore fait.
Quand consulter ?
- Cri aigu, inhabituel, ou bébé qui gémit au lieu de pleurer.
- Pleurs accompagnés de fièvre, de vomissements, d'un refus de boire ou d'une respiration difficile.
- Bébé anormalement mou, somnolent ou difficile à réveiller : appeler le 15.
- Pour vous : tristesse ou angoisse depuis plus de deux semaines, idées de vous faire du mal.
Ces repères sont des moyennes : chaque bébé évolue à son rythme. En cas de fièvre (38 °C ou plus avant 3 mois), de refus de boire, de difficultés à respirer, de somnolence inhabituelle ou de teint gris, consultez sans attendre ou appelez le 15 (112 en Belgique, 144 en Suisse, 911 au Québec).
Questions fréquentes
Mon bébé pleure tous les soirs pendant des heures, ce sont des coliques ?
Ces pleurs du soir sont typiques des premières semaines et culminent vers 6 à 8 semaines avant de diminuer. Le terme « coliques » est trompeur : ils n'ont le plus souvent pas de cause digestive. Si bébé boit bien, prend du poids, n'a pas de fièvre et se calme par moments, ils font partie du développement normal. Faites-le examiner s'il pleure d'une façon inhabituelle ou si un autre symptôme apparaît.
Que faire quand je n'en peux plus des pleurs ?
Posez bébé sur le dos dans son lit, sortez de la pièce et prenez quelques minutes pour vous calmer : il est en sécurité. Appelez quelqu'un qui peut prendre le relais. Ne secouez jamais un bébé, même brièvement. Si l'épuisement revient souvent, parlez-en à votre médecin, à la sage-femme ou à la PMI. Le 119 est joignable jour et nuit si vous craignez de perdre le contrôle.
Sources : 1000-premiers-jours.fr – les pleurs de bebe ; ameli.fr – syndrome bebe secoue ; ameli.fr – baby blues depression post partum grossesse ; 1000-premiers-jours.fr – le baby blues et la depression post partum.
Repères fondés sur le suivi de l'enfant en France (examens obligatoires, calendrier vaccinal). En Belgique, consultez l'ONE ; au Québec, le guide Mieux vivre avec notre enfant ; en Suisse, votre pédiatre. Les calendriers vaccinaux diffèrent d'un pays à l'autre.