Combien de semaines de vacances par an ? Congés payés en France, Belgique, Suisse et Québec
Mis à jour le 26 octobre 2026
Le minimum légal est de 5 semaines de congés payés par an en France, 4 semaines en Belgique (20 jours en régime de cinq jours) et en Suisse (5 semaines jusqu'à 20 ans), et de 2 semaines au Québec après un an de service continu, 3 semaines après trois ans. Les conventions collectives et les contrats peuvent prévoir davantage, jamais moins.
Tableau comparatif
| Pays | Minimum légal | Base légale | Particularité |
|---|---|---|---|
| France | 5 semaines (30 jours ouvrables ou 25 jours ouvrés) | Code du travail, art. L3141-3 | 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif |
| Belgique | 4 semaines (20 jours en régime de 5 jours, 24 en régime de 6 jours) | Lois coordonnées sur les vacances annuelles | Calculé sur le travail de l'année civile précédente |
| Suisse | 4 semaines ; 5 semaines jusqu'à 20 ans révolus | Code des obligations, art. 329a | Au moins deux semaines consécutives |
| Québec | 2 semaines après 1 an ; 3 semaines après 3 ans | Loi sur les normes du travail | Indemnité de 4 % puis 6 % du salaire brut |
Les jours fériés s'ajoutent à ces congés dans les quatre pays : voir les jours fériés 2026.
France : 5 semaines de congés payés
Selon l'article L3141-3 du Code du travail, le salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congé par mois de travail effectif chez le même employeur, soit 30 jours ouvrables pour une année complète, c'est-à-dire 5 semaines. Les salariés à temps partiel acquièrent les mêmes droits que les salariés à temps plein. Une fraction de jour est arrondie au nombre entier supérieur.
Les jours ouvrables sont tous les jours de la semaine sauf le jour de repos hebdomadaire (en général le dimanche) et les fériés habituellement chômés : une semaine de congé en consomme donc 6. L'employeur peut décompter en jours ouvrés (en général 5 par semaine, soit 25 jours par an) à condition que le résultat ne soit pas moins favorable. La différence entre ces notions est détaillée dans semaine calendaire, ouvrée, ouvrable.
Congé principal et fractionnement
- On ne peut pas prendre plus de 24 jours ouvrables d'affilée (4 semaines), sauf contraintes géographiques particulières ou présence au foyer d'un enfant ou d'un adulte handicapé ou d'une personne âgée en perte d'autonomie. La 5e semaine se prend donc à part.
- Le congé principal doit comporter au moins 12 jours ouvrables continus (2 semaines) pris entre le 1er mai et le 31 octobre, sauf accord collectif fixant une autre période.
- Lorsqu'une partie du congé principal est prise en dehors de cette période, le salarié obtient des jours de fractionnement : 1 jour supplémentaire s'il prend 3 à 5 jours hors période, 2 jours s'il en prend 6 ou plus. Un accord collectif ou une renonciation écrite du salarié peut écarter ce droit.
Pendant un arrêt maladie d'origine non professionnelle, le salarié continue d'acquérir des congés, à raison de 2 jours ouvrables par mois dans la limite de 24 jours par an, selon service-public.fr. Les congés non pris pour cause de maladie peuvent être reportés pendant 15 mois.
Belgique : 4 semaines, selon l'année précédente
En Belgique, un salarié du secteur privé qui a travaillé toute l'année civile précédente (l'« exercice de vacances ») a droit à 4 semaines de vacances l'année suivante (l'« année de vacances ») : 20 jours en régime de cinq jours par semaine, 24 jours en régime de six jours. Si l'exercice de vacances est incomplet, la durée est réduite à proportion des jours prestés ou assimilés (maladie, congé de maternité, chômage temporaire, etc.). Les jours doivent être pris dans l'année civile.
Les employés reçoivent leur pécule de vacances de l'employeur, les ouvriers d'une caisse de vacances. Pour compenser le décalage d'un an, les jeunes en début de carrière peuvent demander des vacances jeunes, les travailleurs de 50 ans et plus qui reprennent une activité des vacances seniors, et tout salarié qui débute ou reprend une activité des vacances européennes (vacances supplémentaires). Les montants et conditions sont publiés par le SPF Emploi (emploi.belgique.be).
Suisse : 4 semaines, 5 jusqu'à 20 ans
Le Code des obligations fixe le minimum à l'article 329a : l'employeur accorde chaque année au moins 4 semaines de vacances, et 5 semaines aux travailleurs jusqu'à l'âge de 20 ans révolus. La première année, les vacances sont calculées au prorata de la durée des rapports de travail. Les temps partiels ont droit au même nombre de semaines, payées selon leur taux d'activité.
L'article 329c impose qu'au moins deux semaines soient consécutives ; l'employeur fixe les dates en tenant compte des souhaits du travailleur dans la mesure compatible avec les intérêts de l'entreprise. Pendant la durée du contrat, les vacances ne peuvent pas être remplacées par de l'argent (art. 329d), sauf exceptions admises pour les salaires horaires très irréguliers. Beaucoup de conventions collectives et d'employeurs accordent 5 semaines ou plus, notamment après 50 ans, mais ce n'est pas une obligation légale.
Québec : 2 ou 3 semaines selon l'ancienneté
La Loi sur les normes du travail, appliquée par la CNESST, accorde des vacances selon le service continu au terme de l'année de référence (en général du 1er mai au 30 avril) :
| Service continu chez le même employeur | Durée des vacances | Indemnité |
|---|---|---|
| Moins de 1 an | 1 jour par mois complet, au plus 2 semaines | 4 % du salaire brut |
| De 1 an à moins de 3 ans | 2 semaines continues | 4 % |
| 3 ans et plus | 3 semaines continues | 6 % |
La troisième semaine après trois ans est en vigueur depuis le 1er janvier 2019. Il n'existe pas de quatrième semaine légale après 10 ou 15 ans : envisagée lors de la réforme de 2018, elle a été abandonnée, et les propositions ultérieures (dont celle de Québec solidaire en 2025) n'ont pas été adoptées. Après 10 ans comme après 15 ans de service, le minimum reste donc de 3 semaines ; davantage relève d'une convention collective ou du contrat de travail.
La situation est différente pour les entreprises sous compétence fédérale (banques, télécommunications, transport aérien ou interprovincial, etc.) : le Code canadien du travail prévoit 2 semaines après 1 an, 3 semaines après 5 ans et 4 semaines après 10 ans de service continu, avec une indemnité de 4 %, 6 % puis 8 %, selon canada.ca.
Les vacances de la construction
Dans l'industrie de la construction, les vacances annuelles obligatoires sont fixées par les conventions collectives : deux semaines consécutives à la fin de juillet, pour l'essentiel des chantiers. Les dates de chaque année figurent sur la page vacances de la construction.
Planifier ses semaines de congé
Pour poser ses vacances, raisonner en semaines ISO simplifie les échanges avec l'employeur : « congé du lundi de la semaine 31 au dimanche de la semaine 32 ». Le calculateur de semaine convertit une date en numéro de semaine, et le calendrier 2026 affiche toutes les semaines de l'année. Pour un salarié parent, les vacances scolaires restent la principale contrainte de calendrier.
Questions fréquentes
Combien de semaines de vacances après 10 ans au Québec ?
Trois semaines, comme après 3 ans : la Loi sur les normes du travail ne prévoit pas de quatrième semaine liée à l'ancienneté. Une quatrième semaine peut venir d'une convention collective ou du contrat. Seuls les employés d'entreprises sous compétence fédérale (banques, télécoms, transport interprovincial) ont droit à 4 semaines après 10 ans, en vertu du Code canadien du travail.
5 semaines de congés payés, c'est 25 ou 30 jours ?
Les deux : 30 jours ouvrables (du lundi au samedi) ou 25 jours ouvrés (du lundi au vendredi). Le décompte en jours ouvrés est permis s'il n'est pas moins favorable au salarié.
A-t-on droit à des vacances la première année de travail ?
En France, au Québec et en Suisse, les congés s'acquièrent au prorata du temps travaillé dès l'embauche. En Belgique, la durée des vacances dépend des prestations de l'année civile précédente ; les jeunes et les personnes qui débutent ou reprennent une activité peuvent demander des vacances jeunes ou des vacances européennes.